Blog d'un instit' pour les instit', les élèves, les parents
Je vais essayer de répondre pour moi (ça ce n'est pas trop difficile) et pour la collègue qui s'est lancée cette année dans l'autre classe de cycle 3 : sa façon de travailler est très différente de la mienne.
Quand je construis le plan de travail, j'ai déjà une idée de ce qui peut poser un problème et je choisi les difficultés et le domaine où elles vont apparaître : ainsi, dans le dernier plan de 2006, la difficulté principale était la technique de la division. Je savais que ce n'était pas du tout acquis pour les CM1 et encore très difficile pour certains CM2.
Dans la partie Français du plan, il s'agissait de révisions sur le passé composé, les types et formes de phrases et les homophones on/ont ou son/sont, alors que le reste des mathématiques était une reprise de la monnaie, des révisions sur les techniques opératoires de l'addition, de la soustraction et de la multiplication, ainsi que les critères de divisibilité.
La technique de la division a été abordée en liaison avec des multiplications à trou que j'avais inscrites au programme des CM1 dans la rubrique de la technique opératoire, à la suite d'un bilan de fin de séance: le lundi à la fin du bilan, on a corrigé les multiplications à trou et le mardi matin suivant, avant de démarrer le TI, on a finalisé la leçon, en donnant la forme de l'opération, les termes utilisés pour désigner les différents nombres.Au paravent, la semaine précédente, on avait rappelé ce que les élèves savaient des critères de divisibilité, en y ajoutant au passage les critères de divisibilité par 3 et 9.
Pour les leçons de grammaire ou d'orthographe, comme l'utilisation des homophones grammaticaux, je me base sur ce qui est écrit dans le classeur de règle, qui est commencé au CE2 et complété au fur et à mesure, pour être emporté au collège: quand une de ces rubriques est abordée, on revoit la leçon ensemble, lors du bilan, on la rédige en fonction des exemples tirés du plan de travail, ou des phrases trouvées par les élèves, et des difficultés qu'ils ont rencontrées; ceux qui ne l'ont pas encore recopiée dans le classeur, le font à ce moment: je considère à partir de ce moment que tout le monde connaît la règle et je prévois une évaluation sur le sujet en fin de plan.
Je n'oblige pas ceux qui l'ont déjà vue à la recopier: les élèves doivent se prendre en main: ils sont grands. (je les surestime parfois un peu trop...)
- Servent-elles à introduire les notions nouvelles prévues dans le Plan de Travail ? Si non, comment ces notions nouvelles sont-elles découvertes/abordées par les élèves ?
Les élèves découvrent donc les notions seuls lors des exercices du plan de travail. Seuls ceux qui sont motivés cherchent, et c'est bien là mon problème; je n'en ai pas beaucoup. Pour les autres, ils attendent sagement le bilan sur l'exercice qu'ils ne savent pas faire, pour avoir la leçon et faire ensuite l'exercice.
Donc, en fonction des élèves, on a l'un des deux fonctionnements suivants:
- l'élève tâtonne, cherche, trouve ou non une solution pour une nouvelle notion puis passe au bilan pour expliquer ce qu'il a compris ou bien demande de l'aide et on construit la leçon tous ensemble, puis les élèves la recopie sur le cahier de recherche puis sur le classeur de règle: dans ce cas, la démarche prend un vrai caractère scientifique, une vraie situation problème.
- l'élève n'a pas envie de chercher; il attend le bilan au cours duquel on va parler de l'exercice qu'il ne sait pas faire: il attend la leçon puis il l'applique pour faire l'exercice: c'est plutôt du "remplissage de vase" à mon sens mais j'ai malheureusement beaucoup d'élèves qui s'en contentent.
- quelles formes prennent-elles ? magistrales par le maître ? par des élèves ? sous la forme d'exposés ?
Ca dépend de la leçon et du nombre de volontaires chercheurs.
J'encourage vivement les initiatives des élèves pour expliquer: j'ai des élèves qui sont très fiers d'avoir enfin compris quelque chose et de pouvoir l'expliquer ça remonte grandement leur image d'eux-même. Mais j'en ai une majorité qui ne veulent pas se donner la peine de chercher.
Parfois, comme pour la technique de la division, avec les termes de diviseurs, dividende, quotient et reste, la place des nombres les uns par rapport aux autres, ou quand il y a des termes de vocabulaire très spécifiques, comme en géométrie ou en grammaire, la leçon prend un caractère magistral. Mais je m'applique à ce que ce caractère n'apparaisse que lors de la prise de la trace écrite.
Pour les découvertes du monde en histoire et géographie, je construis les leçons sous la forme de 4 pages avec des cartes, des documents iconographiques et des extraits de textes à commenter, comme pour les plans de math et de français, mais les élèves travaillent par 2: je veux ainsi éviter les pannes d'inspiration. Les questions sont listées sur une feuille qui est insérée dans le classeur: pour l'histoire, il y a également une frise historique à compléter tandis que pour la géographie, ce sont des cartes à compléter. En fonction de l'agitation de la classe (début ou fin de l'heure, début ou fin de période, phase de la lune, ...) les élèves font les observations et répondent aux questions sur le cahier de brouillon, puis on rédige tous ensemble les réponses "officielles" qui sont copiées sur une feuille du classeur: je vérifie que tout le monde a pris les réponses, rempli les cartes ou la frise et recopié le vocabulaire. J'ai choisi cette méthode pour coller aux instructions officielles, mais je sais que, là encore, j'ai beaucoup de tire-au-flanc, qui se contentent de recopier et qui n'ont pas cherché avant.
A l'évaluation je demande la même chose: un commentaire de document iconographique, un commentaire de texte, compléter une carte ou un extrait de frise et un texte à trou dans lequel il faut utiliser le vocabulaire appris.
Pour les sciences, on fait des expériences en classe quand c'est possible, ou des observations sur des documents que je prépare sur photocopie puis on complète, on rédige un résumé: là aussi, on part de l'observation.
Les élèves peuvent aussi faire des exposés: mais personne ne prend de note: je note les élèves sur leur façon de présenter, sans trop lire, en fonction du travail qui a été fourni et de intérêt que les autres ont montré.
2- En ce qui concerne ma collègue en CE2-CM1: